La protidémie mesure l'ensemble des protéines du plasma, habituellement entre 60 et 80 g/L chez l'adulte selon les laboratoires. L'albumine, la plus abondante, se situe en général entre 35 et 50 g/L. Un taux bas peut traduire une dénutrition, mais aussi une inflammation, une maladie du foie, une fuite rénale ou digestive, ou une dilution. Un taux élevé reflète le plus souvent une déshydratation ou une augmentation des anticorps, qu'une électrophorèse permet de préciser. Manger plus de protéines ne fait pas monter la protidémie chez une personne en bonne santé.
Ce que mesure la prise de sang
Le plasma contient des centaines de protéines différentes : l'albumine, qui maintient l'eau dans les vaisseaux et transporte de nombreuses molécules, et les globulines, parmi lesquelles les anticorps (immunoglobulines) et des protéines de transport ou de l'inflammation. La protidémie les additionne toutes.
L'albumine est fabriquée par le foie, les immunoglobulines par les cellules du système immunitaire. C'est pourquoi une anomalie peut orienter vers l'un ou l'autre de ces organes.
| Dosage | Valeurs habituelles | Rôle principal |
|---|---|---|
| Protéines totales (protidémie) | 60 à 80 g/L | Ensemble des protéines du plasma |
| Albumine | 35 à 50 g/L | Pression oncotique, transport |
| Gammaglobulines | 7 à 15 g/L environ | Anticorps |
Un taux bas : les causes
Une protidémie ou une albuminémie basse a plusieurs origines possibles :
- Dénutrition, en particulier chez la personne âgée ou lors d’une maladie chronique.
- Inflammation aiguë ou chronique : le foie réduit alors sa production d’albumine, indépendamment de l’alimentation.
- Maladie du foie (cirrhose), qui limite la fabrication.
- Pertes rénales (syndrome néphrotique) ou digestives.
- Dilution : grossesse, perfusion, rétention d’eau.
Un taux élevé : les causes
Une protidémie élevée s'explique le plus souvent par une déshydratation, qui concentre le sang : elle se corrige avec la réhydratation. Elle peut aussi traduire une augmentation des immunoglobulines, lors d'une infection ou d'une inflammation chronique, ou plus rarement la présence d'une immunoglobuline anormale produite en excès (gammapathie monoclonale).
C'est l'électrophorèse des protéines sériques qui fait la différence : cet examen sépare les grandes familles de protéines et permet de repérer un pic anormal, à explorer avec un médecin.
L'alimentation change-t-elle les résultats ?
Chez une personne en bonne santé, la protidémie reste stable quel que soit l'apport en protéines : manger plus de viande ou prendre de la whey ne la fait pas monter. Inversement, une albumine basse ne se corrige pas uniquement en ajoutant des protéines si la cause est inflammatoire, hépatique ou rénale.
En cas de dénutrition avérée, en revanche, un apport suffisant en protéines et en énergie fait partie de la prise en charge, avec un suivi médical et diététique.
Questions fréquentes
- Quel est le taux normal de protéines dans le sang ?
- Habituellement 60 à 80 g/L de protéines totales chez l'adulte, dont 35 à 50 g/L d'albumine, selon les valeurs de référence du laboratoire.
- Que signifie une albumine basse ?
- Une dénutrition est possible, mais aussi une inflammation, une maladie du foie, une fuite rénale ou digestive. L'interprétation se fait avec le médecin, selon le contexte.
- Une protidémie élevée est-elle grave ?
- Le plus souvent, elle traduit une déshydratation. Si elle persiste, une électrophorèse des protéines permet de rechercher une augmentation des anticorps ou une anomalie à explorer.
- Manger plus de protéines augmente-t-il les protéines dans le sang ?
- Non chez une personne en bonne santé. La protidémie dépend du foie, du système immunitaire, des reins et de l'hydratation bien plus que de l'alimentation.
Information générale, qui ne remplace pas l'avis d'un médecin. Les valeurs de référence varient selon les laboratoires : se reporter à celles indiquées sur le compte rendu.
Sources
- HAS, FFN (2019). Diagnostic de la dénutrition de l’enfant et de l’adulte. Recommandation de bonne pratique.
- HAS, FFN (2021). Diagnostic de la dénutrition chez la personne de 70 ans et plus.
- Levitt DG, Levitt MD (2016). Human serum albumin homeostasis: a new look at the roles of synthesis, catabolism, renal and gastrointestinal excretion, and the clinical value of serum albumin measurements. International Journal of General Medicine, 9:229-255.