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Santé9 min de lectureMis à jour : Septembre 2026

Carence en protéines

En France, la plupart des adultes consomment plus de protéines que la référence nutritionnelle. La carence existe pourtant, mais elle touche des publics précis, et ses premiers signes sont assez peu spécifiques pour passer longtemps inaperçus.

Une carence en protéines se manifeste d'abord par une perte de masse et de force musculaires, une fatigue, une cicatrisation lente et des infections plus fréquentes ; les cheveux et les ongles deviennent fragiles, et des œdèmes apparaissent dans les formes sévères. Chez l'adulte en bonne santé qui mange à sa faim, elle est rare en France. Les personnes âgées, les personnes malades ou hospitalisées, celles qui suivent un régime très restrictif et celles dont l'appétit est réduit sont les plus exposées. Le diagnostic relève du médecin : ces signes ont bien d'autres causes possibles.

Une carence rare chez l'adulte en bonne santé

La référence nutritionnelle de l'ANSES pour l'adulte est de 0,83 g de protéines par kilo et par jour, soit 58 g pour 70 kg. Les enquêtes de consommation montrent que la grande majorité des adultes en France dépasse ce niveau. Chez une personne qui mange à sa faim une alimentation variée, un manque de protéines est donc peu probable.

La carence apparaît quand l'apport chute (appétit réduit, régime très restrictif, difficultés à mâcher ou à avaler), quand les besoins augmentent (maladie, chirurgie, brûlures, cicatrisation) ou quand l'organisme utilise moins bien les protéines, comme avec l'âge.

Situations qui exposent à un apport insuffisant en protéines
SituationPourquoi
Personne âgée, surtout après 75 ansAppétit réduit, résistance anabolique, besoins relevés à 1,0 à 1,2 g/kg/j
Maladie aiguë, hospitalisation, chirurgieBesoins augmentés, apports souvent faibles
Régime amaigrissant très restrictifApport calorique et protéique trop bas
Alimentation végétalienne peu diversifiéeSources moins concentrées, digestibilité plus faible
Chirurgie bariatriquePetites quantités ingérées, intolérances
Troubles du comportement alimentaireApports très insuffisants sur la durée

Les symptômes d'un manque de protéines

Les premiers signes sont progressifs et peu spécifiques. Le corps puise d'abord dans ses muscles, sa principale réserve de protéines : la perte de masse et de force musculaires est souvent le signe le plus précoce, surtout chez la personne âgée, où elle se traduit par une marche plus lente et des difficultés à se relever.

Viennent ensuite des signes liés au renouvellement des tissus et au système immunitaire : cicatrisation lente, infections plus fréquentes, cheveux fins et cassants, ongles fragiles, peau sèche. Dans les formes sévères, la baisse de l'albumine dans le sang provoque des œdèmes, notamment des jambes et des pieds.

  • Perte de masse et de force musculaires, fatigue à l'effort.
  • Cicatrisation lente, infections à répétition.
  • Cheveux fins, ternes ou cassants, chute de cheveux, ongles fragiles.
  • Œdèmes des membres inférieurs dans les formes sévères.
  • Chez l'enfant : retard de croissance.

Les formes sévères : dénutrition, kwashiorkor et marasme

À l'échelle mondiale, les carences protéino-énergétiques sévères touchent surtout les enfants des pays à faible revenu. On distingue le marasme, dû à un manque global d'énergie et de protéines, qui entraîne un amaigrissement extrême, et le kwashiorkor, associé à des œdèmes, à des troubles de la peau et à un ventre gonflé malgré la maigreur.

En France, la forme la plus fréquente est la dénutrition de la personne âgée ou malade. Elle est diagnostiquée par le médecin sur des critères précis : perte de poids, indice de masse corporelle, réduction de la masse musculaire, baisse des apports ou maladie en cours.

Corriger un apport insuffisant

Le premier levier est de répartir les protéines sur les trois repas, en renforçant le petit-déjeuner, presque toujours le plus pauvre. Pour une personne âgée, viser 25 à 30 g de protéines à chaque repas principal est un repère utile : deux œufs et un laitage le matin, 100 à 120 g de viande, de poisson ou de tofu le midi et le soir.

Quand l'appétit est réduit, il vaut mieux enrichir les plats que les multiplier : lait en poudre, fromage râpé, œufs ou poudre de protéines ajoutés aux soupes, purées et desserts augmentent l'apport sans augmenter le volume. En cas de dénutrition avérée, le médecin peut prescrire des compléments nutritionnels oraux.

  • Une source de protéines à chaque repas, y compris le petit-déjeuner.
  • Enrichir plutôt qu'augmenter les portions quand l'appétit manque.
  • Associer une activité physique, même modérée, pour préserver les muscles.
  • Surveiller son poids : une perte involontaire de plus de 5 % en un mois justifie une consultation.

Questions fréquentes

Quels sont les premiers signes d'une carence en protéines ?
Le plus précoce est souvent une perte de masse et de force musculaires, avec une fatigue à l'effort. Suivent une cicatrisation plus lente, des infections plus fréquentes, des cheveux et des ongles fragiles. Ces signes sont peu spécifiques et doivent être évalués par un médecin.
Un manque de protéines fait-il perdre ses cheveux ?
Oui, une carence protéique marquée peut provoquer une chute diffuse et des cheveux plus fins, car le cheveu est constitué de kératine, une protéine. Mais la plupart des chutes de cheveux ont d'autres causes : hormonales, génétiques, carence en fer, stress.
Un bilan sanguin peut-il détecter une carence en protéines ?
L'albumine sanguine est souvent dosée, mais elle baisse aussi en cas d'inflammation ou de maladie du foie ou des reins, et reste normale longtemps au début d'une carence. Le diagnostic de dénutrition repose surtout sur la perte de poids, la masse musculaire et les apports alimentaires.
Les végétariens manquent-ils de protéines ?
Rarement, si l'alimentation est variée : œufs, produits laitiers, légumineuses, soja et céréales couvrent largement les besoins. Chez les végétaliens, viser un apport un peu supérieur à la référence et diversifier les sources suffit en général.

Cet article ne permet pas de poser un diagnostic. Une perte de poids involontaire, une fonte musculaire ou des œdèmes doivent être évalués par un médecin.

Sources

  • WHO/FAO/UNU (2007). Protein and amino acid requirements in human nutrition. WHO Technical Report Series 935.
  • AFSSA (2007). Apport en protéines : consommation, qualité, besoins et recommandations. Rapport d’expertise collective.
  • Bauer J et al. (2013). Evidence-based recommendations for optimal dietary protein intake in older people: a position paper from the PROT-AGE Study Group. Journal of the American Medical Directors Association, 14(8):542-559.
  • Deutz NE et al. (2014). Protein intake and exercise for optimal muscle function with aging: recommendations from the ESPEN Expert Group. Clinical Nutrition, 33(6):929-936.