Les protéines fournissent les matériaux de la cicatrisation, en particulier pour le collagène, et soutiennent l'immunité qui protège la plaie. Chez l'adulte en bonne santé avec une petite plaie, une alimentation normale suffit. En revanche, en cas de plaie chronique ou d'escarre chez une personne dénutrie ou à risque, les recommandations internationales (EPUAP/NPIAP/PPPIA, 2019) conseillent 1,25 à 1,5 g de protéines par kilo et par jour, avec un apport énergétique suffisant (30 à 35 kcal/kg). La dénutrition est l'un des principaux freins à la cicatrisation, surtout chez la personne âgée.
Pourquoi les protéines comptent
La cicatrisation passe par plusieurs phases : inflammation, formation d'un nouveau tissu, puis remodelage. La deuxième phase repose sur la fabrication de collagène par les fibroblastes et de nouveaux vaisseaux sanguins, qui demandent des acides aminés en quantité. Les cellules immunitaires, qui nettoient la plaie et la protègent de l'infection, en consomment aussi.
Quand les apports sont insuffisants, l'organisme puise dans ses muscles, et la cicatrisation se fait plus lentement, avec un risque accru de complications.
Combien de protéines ?
Pour une petite coupure ou une intervention simple chez une personne bien nourrie, le repère habituel de 0,83 g par kilo et par jour, voire un peu plus pendant quelques semaines, suffit. Pour les plaies chroniques et les escarres, les recommandations internationales de 2019 proposent, chez l'adulte dénutri ou à risque de dénutrition, 1,25 à 1,5 g de protéines par kilo et par jour, soit 90 à 105 g pour 70 kg, avec 30 à 35 kcal par kilo.
Les autres nutriments utiles
Les protéines ne travaillent pas seules :
- Énergie : sans calories suffisantes, les protéines servent de carburant au lieu de reconstruire.
- Vitamine C : indispensable à la fabrication du collagène (fruits, légumes crus).
- Zinc : impliqué dans la multiplication cellulaire (viandes, fruits de mer, légumineuses).
- Hydratation : une peau et des tissus bien hydratés cicatrisent mieux.
- Les compléments de vitamines ou de zinc ne sont utiles qu’en cas de carence, sur avis médical.
En pratique
Pour enrichir l'alimentation quand l'appétit manque :
- Une source de protéines à chaque repas : œufs, poisson, viande, laitages, légumineuses.
- Des collations protéinées : fromage blanc, crème dessert, lait, fromage.
- Enrichir les plats : lait en poudre dans les purées et soupes, fromage râpé, œuf battu.
- Des compléments nutritionnels oraux sur prescription, quand l’alimentation ne suffit pas.
Questions fréquentes
- Quels aliments pour mieux cicatriser ?
- Des aliments riches en protéines à chaque repas (œufs, poisson, viande, laitages, légumineuses), des fruits et légumes pour la vitamine C, et une alimentation suffisamment énergétique.
- Combien de protéines pour cicatriser une escarre ?
- Les recommandations internationales proposent 1,25 à 1,5 g par kilo et par jour chez l'adulte dénutri ou à risque, avec un suivi médical et diététique.
- Le collagène en complément aide-t-il à cicatriser ?
- Les données sont limitées. Un apport suffisant en protéines complètes, en énergie et en vitamine C reste la base.
- Faut-il manger plus de protéines après une opération ?
- Oui, dans les semaines qui suivent une intervention importante, surtout chez la personne âgée. L'équipe soignante adapte les apports selon la situation.
Information générale. Une plaie qui ne cicatrise pas, s'infecte ou s'aggrave doit être examinée par un professionnel de santé.
Sources
- EPUAP, NPIAP, PPPIA (2019). Prevention and treatment of pressure ulcers/injuries: clinical practice guideline. The International Guideline.
- HAS, FFN (2021). Diagnostic de la dénutrition chez la personne de 70 ans et plus.
- ANSES (2016). Actualisation des repères du PNNS : élaboration des références nutritionnelles.