Chez la personne de 70 ans et plus, la HAS (2021) pose le diagnostic de dénutrition quand au moins un critère physique (perte de poids d'au moins 5 % en un mois ou 10 % en six mois, indice de masse corporelle inférieur à 22, ou sarcopénie confirmée) s'associe à au moins une cause (apports alimentaires réduits, absorption diminuée, maladie aiguë ou chronique). Elle favorise les chutes, les infections, la perte d'autonomie et allonge les hospitalisations. La prise en charge repose sur l'enrichissement de l'alimentation, avec un objectif d'environ 1 à 1,2 g de protéines par kilo et par jour, plus en cas de maladie, et un suivi médical.
Les signes qui doivent alerter
Dans l'entourage d'une personne âgée, plusieurs signes méritent attention :
- Perte de poids, même modérée, ou vêtements devenus trop larges.
- Baisse de l’appétit, repas laissés ou sautés, réfrigérateur peu rempli.
- Fatigue, faiblesse, difficulté à se lever d’une chaise ou à marcher.
- Chutes, plaies qui cicatrisent mal, infections à répétition.
- Difficultés à mâcher ou avaler, problèmes dentaires, isolement, deuil, troubles de la mémoire.
Les critères de la HAS
Depuis 2021, le diagnostic chez les 70 ans et plus repose sur l'association d'au moins un critère phénotypique et d'au moins un critère étiologique. La pesée régulière, au moins une fois par mois en établissement, est l'outil de base.
| Type | Critères (au moins un de chaque colonne) |
|---|---|
| Phénotypiques | Perte de poids ≥ 5 % en 1 mois ou ≥ 10 % en 6 mois (ou par rapport au poids habituel) ; IMC < 22 ; sarcopénie confirmée |
| Étiologiques | Réduction des apports ≥ 50 % pendant plus d’une semaine, ou toute réduction pendant plus de deux semaines ; absorption réduite ; situation d’agression (maladie aiguë, chronique évolutive, cancer) |
| Sévérité | Dénutrition sévère si IMC < 20, perte ≥ 10 % en 1 mois ou ≥ 15 % en 6 mois, ou albuminémie < 30 g/L |
Pourquoi les protéines sont au centre
Avec l'âge, le muscle répond moins bien aux protéines : c'est la résistance anabolique. La dénutrition accélère la fonte musculaire, qui augmente à son tour le risque de chute et de dépendance. Les recommandations internationales (PROT-AGE) proposent 1 à 1,2 g de protéines par kilo et par jour chez la personne âgée en bonne santé, 1,2 à 1,5 g en cas de maladie aiguë ou chronique, avec 25 à 30 g par repas.
Enrichir l'alimentation au quotidien
Sans augmenter le volume des repas, qui reste souvent la limite :
- Ajouter du lait en poudre, du fromage râpé, un œuf battu ou de la crème dans les purées, soupes et sauces.
- Proposer des collations : fromage blanc, crème dessert, flan, lait, biscuits au fromage.
- Privilégier les textures faciles : œufs brouillés, poisson, viande hachée, laitages.
- Fractionner en cinq ou six prises si l’appétit est faible.
- Préserver le plaisir : plats appréciés, repas partagés, assaisonnement adapté.
- Sur prescription, des compléments nutritionnels oraux quand l’enrichissement ne suffit pas.
Questions fréquentes
- Comment reconnaître une dénutrition chez une personne âgée ?
- Une perte de poids, une baisse de l'appétit, de la fatigue, des chutes ou des infections répétées doivent alerter. Le diagnostic repose sur les critères de la HAS : perte de poids, IMC ou sarcopénie, associés à une cause.
- Quel IMC définit la dénutrition après 70 ans ?
- Un IMC inférieur à 22 est un critère de dénutrition à partir de 70 ans ; en dessous de 20, elle est considérée comme sévère.
- Combien de protéines pour une personne âgée dénutrie ?
- Autour de 1,2 à 1,5 g par kilo et par jour en cas de maladie, selon les recommandations, avec un suivi médical et diététique.
- Les compléments nutritionnels oraux sont-ils utiles ?
- Oui, quand l'enrichissement de l'alimentation ne suffit pas. Ils sont prescrits par un médecin et remboursés dans certaines conditions.
Information générale. Le diagnostic et la prise en charge de la dénutrition relèvent d'un médecin, avec l'aide d'un diététicien.
Sources
- HAS, FFN (2021). Diagnostic de la dénutrition chez la personne de 70 ans et plus. Recommandation de bonne pratique.
- Bauer J et al. (2013). Evidence-based recommendations for optimal dietary protein intake in older people: a position paper from the PROT-AGE Study Group. Journal of the American Medical Directors Association, 14(8):542-559.