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Sources de protéines6 min de lectureMis à jour : Septembre 2026

Les protéines d’insectes

Consommés par une grande partie de la population mondiale, les insectes sont arrivés dans les rayons européens sous forme de poudres, de barres ou de pâtes. Ils suscitent autant de curiosité que d'inquiétudes. Leur valeur nutritionnelle, ce que dit la réglementation, et les précautions à connaître.

Les insectes comestibles sont riches en protéines de bonne qualité : séchés, ils en contiennent souvent 45 à 65 % selon l'espèce, avec du fer, du zinc et de la vitamine B12. Dans l'Union européenne, ce sont des « nouveaux aliments » : seules quelques espèces sont autorisées après évaluation de l'EFSA, dont le ver de farine, le criquet migrateur, le grillon domestique et le petit ver de farine, sous des formes précises. Leur présence doit figurer dans la liste des ingrédients. Les personnes allergiques aux crustacés ou aux acariens peuvent réagir aux insectes, par allergie croisée.

Une valeur nutritionnelle intéressante

Les insectes séchés contiennent le plus souvent 45 à 65 % de protéines, une teneur comparable à celle de la viande séchée, avec un profil en acides aminés proche de celui des protéines animales. Ils apportent aussi des lipides, dont des acides gras insaturés, du fer, du zinc et de la vitamine B12, en quantités variables selon l'espèce, le stade de développement et l'alimentation de l'élevage.

Leur carapace contient de la chitine, une fibre peu digestible pour l'humain, qui réduit un peu la digestibilité des protéines des insectes entiers.

Ce que dit la réglementation européenne

Depuis 2018, les insectes destinés à l'alimentation humaine relèvent du règlement européen sur les nouveaux aliments. Chaque espèce et chaque forme (entière, séchée, en poudre) doit être autorisée après une évaluation de sécurité par l'EFSA. Plusieurs autorisations ont été accordées depuis 2021, dont la larve de ver de farine (Tenebrio molitor), le criquet migrateur (Locusta migratoria), le grillon domestique (Acheta domesticus) et la larve du petit ver de farine (Alphitobius diaperinus).

Les produits qui en contiennent doivent l'indiquer dans la liste des ingrédients, sous leur nom, et porter une mention sur le risque allergique. Aucun aliment ne peut en contenir à l'insu du consommateur.

Le risque d'allergie croisée

Les insectes partagent avec les crustacés et les acariens certaines protéines, comme la tropomyosine, responsables d'allergies croisées. L'EFSA a souligné ce risque dans ses avis : une personne allergique aux crevettes ou aux acariens de la poussière peut réagir en consommant des insectes. En cas d'allergie connue, il faut les éviter et en parler à un allergologue.

L'argument environnemental

Le rapport de la FAO de 2013 a mis en avant l'intérêt des insectes : ils convertissent efficacement leur alimentation en protéines et émettent moins de gaz à effet de serre que l'élevage bovin, pour un besoin en surface et en eau réduit. Le bilan dépend toutefois beaucoup du mode d'élevage, du chauffage des installations et de l'alimentation donnée aux insectes. En France, leur consommation reste marginale, loin derrière les légumineuses, qui partagent une bonne partie de ces avantages environnementaux.

Questions fréquentes

Les insectes sont-ils riches en protéines ?
Oui, séchés, ils contiennent souvent 45 à 65 % de protéines, de bonne qualité, avec du fer, du zinc et de la vitamine B12.
Y a-t-il des insectes dans nos aliments sans le savoir ?
Non. Dans l'Union européenne, les insectes doivent figurer dans la liste des ingrédients, sous leur nom, avec une mention sur le risque allergique.
Quels insectes sont autorisés en Europe ?
Plusieurs espèces ont été autorisées depuis 2021, dont le ver de farine, le criquet migrateur, le grillon domestique et le petit ver de farine, sous des formes précises.
Qui ne doit pas manger d’insectes ?
Les personnes allergiques aux crustacés, aux mollusques ou aux acariens, en raison du risque d'allergie croisée.

Sources

  • Règlement (UE) 2015/2283 relatif aux nouveaux aliments.
  • Règlement d’exécution (UE) 2021/882 autorisant la larve séchée de Tenebrio molitor comme nouvel aliment.
  • EFSA NDA Panel (2021). Safety of dried yellow mealworm (Tenebrio molitor larva) as a novel food. EFSA Journal, 19(1):6343.
  • van Huis A et al. (2013). Edible insects: future prospects for food and feed security. FAO Forestry Paper 171.